Ce mardi 4 juin 2019, Ernst & Young a publié son Baromètre de l’Attractivité Belgique. Ce baromètre analyse l'attractivité du territoire belge et de ses régions en tant que destinations d'investissement d’origine internationale. Une double méthodologie analyse à la fois la réalité et la perception des investissements étrangers directs par pays ou par région. L'évaluation de la réalité des investissements étrangers directs en Europe est basée sur l'EY European Investment Monitor (EIM), une base de données propre à EY produite en collaboration avec OCO. La recherche sur le terrain en Belgique a été menée en février et mars 2019 par l'Institut CSA auprès d’un groupe représentatif de 203 décideurs internationaux.

2018, une année record

Le consultant souligne qu’après le nombre record d’investissements étrangers en Belgique enregistré en 2017, l’optimisme est à nouveau de mise cette année. 2018 a été une année record absolue pour la Belgique : jamais par le passé, les entreprises étrangères n’avaient autant investi dans notre pays. La Belgique s’est arrogé 278 projets, une augmentation de pas moins de 29 % par rapport à 2017, l’année record précédente. Avec cette progression, la Belgique va étonnamment à l’encontre de la tendance européenne. Le nombre d’investissements dans la plupart des pays affiche, en effet, une tendance à la baisse. Par exemple, les investissements étrangers en Allemagne et au Royaume-Uni ont diminué de 13 %, et la France a augmenté de 1 % seulement. Dans le classement européen des investissements étrangers, la Belgique avance de trois places et se positionne désormais au cinquième rang, laissant les Pays-Bas derrière elle.

Tout comme l’année dernière, ce sont les États-Unis qui ont été les champions de l’investissement en Belgique en 2018. 51 des 278 projets viennent des é.-u., une progression de 28 % par rapport aux 40 projets d’il y a un an. À la deuxième place en matière de nombre d’investissements en Belgique, on trouve la France, avec 44 projets. Notre autre pays voisin, les Pays-Bas, complète le top 3 avec 32 investissements en Belgique l’année dernière.

Jean-Pierre Marcelle - Directeur général - Branche Investissements étrangers

« Les investissements structurants réalisés autour des grands manufacturiers de la pharmacie (GSK, UCB, J&J), appuyés par une politique publique de soutien bien adapté via la mise en œuvre des pôles de compétitivité (et nommément de Biowin) font que la Wallonie commence à devenir un joueur de niveau européen voire mondial »

Le secteur des services continue à croître, le nombre de sièges centraux aussi à la hausse

Le Baromètre de l’Attractivité belge fait apparaître que ce sont majoritairement cinq secteurs qui affichent une forte croissance en termes d’investissements : le secteur des services, le transport et la logistique, l’agro-alimentaire, le numérique et les producteurs de moyens de transport. Avec 152 projets, ces secteurs s’adjugent plus de la moitié des investissements étrangers. Le secteur des services en particulier affiche une belle progression, tout comme en 2017. Ce qui replace Bruxelles au centre de la carte des capitales où il fait bon d’investir. Il ressort de l’enquête auprès des investisseurs étrangers que Bruxelles connaît actuellement un fort regain d’intérêt. La perception de la région comme lieu d’investissement attractif passe en effet à 39 %, contre 29 % l’année dernière. Le principal atout de notre capitale réside dans son accès à l’infrastructure de transport.

Parallèlement, c’est la hausse du nombre de nouveaux quartiers généraux établis en Belgique qui retient l’attention. Quelque 19 entreprises étrangères ont choisi notre pays en 2018 comme base opérationnelle, le chiffre le plus élevé depuis 2007. L’année dernière, elles n’étaient que quatre. Une augmentation qui pourrait s’expliquer par le Brexit. « Le Brexit a toujours été présenté comme un drame pour notre pays. Les inquiétudes des secteurs textile et alimentaire, qui exportent beaucoup vers le Royaume-Uni, ont dominé le débat public. Notre étude apporte toutefois un message plus optimiste, nous ne pouvons pas perdre de vue l’impact potentiellement positif du Brexit », dit Patrick Rottiers, CEO d’EY Belgique.

Si, sur le plan de la perception des candidats investisseurs, la Flandre reste la région la plus attractive de la Belgique, elle enregistre néanmoins une baisse d’activité, puisqu’elle régresse de 51 % à 40 %. Le climat social stable et la présence de personnel qualifié restent les principaux atouts de la Flandre. La Wallonie, appréciée pour ses nombreux espaces disponibles, progresse de 10 % à 12 %. Ses lacunes en matière de connaissances linguistiques demeurent un obstacle.

Les points forts des régions

En ce qui concerne le nombre de dossiers qui se sont implantés en Belgique durant l’année 2018, l’attractivité des trois régions se traduit également dans les chiffres d’investissement réels. Avec 169 projets, la Flandre s’adjuge plus de la moitié des investissements en Belgique. Ces projets ont permis la création de 5.366 emplois. Bruxelles enregistre une avancée spectaculaire, avec quelque 61 investissements, générateurs de 107 emplois. Avec 48 projets comptabilisant 1.890 emplois nouveaux, la Wallonie fait elle aussi mieux que les autres années et a eu une croissance spectaculaire en termes d’emploi, dépassant les autres régions quand on analyse le taux d’emploi moyen par projet d’investissement (39 emplois par dossiers, soit plus du double des exercices précédents). Cette croissance est due entre autres aux investissements chinois annoncés dans le secteur de l’E-commerce en Wallonie.

« On voit apparaître des projets d’implantation dans certains secteurs « nouveaux » qui témoignent d’une transformation positive du paysage économique wallon », indique la direction de l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers. La qualité de la R&D produite en Wallonie devient un facteur de localisation et de renforcement des secteurs industriels traditionnels de la région.

Un quart des investisseurs étrangers interrogés par E&Y est par ailleurs d’avis que les industries pharmaceutiques et biotechnologiques seront les principaux moteurs de la croissance future en Belgique.

« La forte croissance du secteur de la biologie wallonne (notamment moléculaire et bio-sourcée) et des sciences du vivant (immunothérapie et traitements innovants de l’oncologie) traduit également une vigueur inégalée de la Wallonie » constate Le Ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet.

Moins atypique, on constate ces dernières années d’importants investissements (se chiffrant en plusieurs centaines de millions) dans le secteur agroalimentaire (pomme de terre, sucres industriels…Mc Cain, Clarebout, Croky, Petiva pour ne citer que les plus importants.Enfin, on peut également souligner les gros investissements réalisés dans un secteur connexe de la biotech, celui de l’Agroalimentaire de transformation (la biochimie étant à la frontière de la biologie).

Comme quoi, une alimentation de qualité est sans doute un préalable nécessaire à une vie saine.

 

Source : communiqué de presse de Ernst & Young

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