Alain Lamproye: « J’ai dit que je ne reviendrais jamais en Belgique ! Et pourtant… »

Il y a 4 années
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De la Belgique à la France, en passant par la Suisse et les Etats-Unis, Alain Lamproye,
le nouveau CEO de Novasep Belgique, est de retour dans son pays natal.

Depuis le début de sa carrière Alain Lamproye a baroudé professionnellement. Tout commence avec une licence en sciences botaniques à l’Université de Liège obtenue en 1984 et une thèse de doctorat (qu’il ne présentera finalement pas) dans le Service d’Hormonologie végétale de l’ULg. Alain Lamproye décide de quitter le monde académique pour rejoindre celui de l’industrie où il a toujours eu envie de travailler. Il devient Scientist chez Eurogentec, spin-off de l’ULg et travaille sur le  développement d’une hormone de croissance destinée aux… saumons d’élevage. Faute de financement européen, le projet est finalement arrêté et Alain Lamproye intègre le laboratoire de purification d’Eurogentec avant de devenir trois ans plus tard, directeur de l’unité de production pharmaceutique. Alors que sa carrière est stable et que tout semble bien tourner, une opportunité surgit : un poste de  responsable du laboratoire de purification de la société Serono.

Le début de l’aventure

Déménagement, direction Vevey en Suisse pour diriger une équipe d’une vingtaine de personnes. « J’avais 40 ans à l’époque », explique-t-il, « à cet âge-là, vous vous posez beaucoup de questions ; c’est le moment ou jamais de changer. Serono était  l’opportunité de revenir en R&D après 4 années de production et de travailler dans une grande société internationale ». La qualité de vie suisse lui plait ; pourtant, en 2009, promu directeur adjoint de département, il s’envole pour les Etats-Unis.
A Boston, deux missions l’attendent : diriger une soixantaine de personnes et préparer la reconversion du site de production. Malheureusement après 2 ans d’audit, Merck Serono décide de fermer le site et d’investir dans celui de Bordeaux. Début 2011, retour en Europe. « Pour moi il s’agissait d’un vrai changement de mentalité. Les Suisses sont des personnes extrêmement flexibles et travailleuses. Le bien de l’entreprise passe avant tout et on avance sans se poser de questions. Aux Etats-Unis, pas besoin de négocier. Vous arrivez avec un projet, le personnel adhère et quelques minutes après on est déjà dessus. En France, il faut expliquer, négocier, convaincre. Mais on y arrive ! » compare Alain Lamproye.

Le retour au pays

Quelques mois plus tard, le groupe Novasep lui propose de devenir directeur général de Novasep Belgique, issu du rachat d’Henogen, spin-off de l’ULB sur le Biopark. Le futur CEO accepte de relever ce nouveau défi. Cap sur la Belgique et plus précisément Charleroi. « Je connaissais la société Henogen lorsque je travaillais chez Eurogentec. Il s’agissait là d’une belle opportunité, même si un retour au pays ne m’intéressait pas au départ ! », avoue-t-il. « J’avais bien dit que je ne reviendrais jamais en Belgique. Et pourtant… ». De nouveaux challenges s’offrent maintenant à lui : faire passer Henogen du statut de spin-off universitaire à celui de filiale d’une multinationale, d’une culture belge vers une culture française. « Ma mission est de faire évoluer l’organisation de l’entreprise, de la guider sur une voie industrielle et d’intégrer Novasep Belgique au sein du groupe Novasep avec tous les changements culturels que cela implique », nous explique le nouveau CEO. « Le seul moyen d’y arriver est de prendre le temps d’expliquer, de faire comprendre la stratégie  d’acquisition, les objectifs du groupe et d’obtenir l’adhésion des collaborateurs et un esprit d’équipe au-delà des frontières, notamment en amenant les chercheurs des deux sites à travailler sur des projets communs et à se rencontrer fréquemment. Tout cela est en cours ». Et quand on lui demande ce qui le motive, il répond sans hésiter « L’imprévu ! ».

Source: Sandrine Rubay, Biopark News 14

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